Rentrée politique de la député EMLR Claire O’Petit : « Ma fille ne serait jamais venue pleurer pour 5 euros par mois… »

Comment avez-vous vécu vos premiers mois de mandat ?
C’est le nombre d’heure et le travail non-visible et l’importance de nos attachés parlementaires. Je ne sais pas comment peuvent faire mes collègues qui sont novices comme moi à l’assemblée et qui ont pris des attachés parlementaires novices. Quand je pense qu’il existe des députés qui ont du mal à prouver le travail effectif de leurs collaborateurs, je ne comprends pas ! Et vu tout le travail à réaliser, je ne conçois pas que l’on ait pu cumuler d’autres fonctions. Je n’ai jamais autant couru qu’à l’Assemblée nationale entre les salles de réunion, l’hémicycle et les sous-sols… Côté coulisses, tout le monde court ! Mais vous savez que vous servez à quelque chose.

Comment jugez-vous la loi de confiance dans l’action publique ? Et que pensez-vous de l’exigence de transparence en général ?
À partir du moment où vous touchez de l’argent public, il faut tenir sa comptabilité, c’est un minimum !
En ce qui concerne mes deux attachés parlementaires, je gère la somme de 9 000€ par mois. On a aussi une enveloppe de 5 200€ pour nos frais. Notre permanence d’Étrépagny est ainsi prise en charge à hauteur de 650€. Mon indemnité est quant à elle de 5 200€ nets par mois. C’est une somme qui correspond à une fonction de cadre supérieur, c’est très bien. Mais il faut considérer que je vais payer encore des impôts dessus, ce qui est normal. Il faut tout de même reconnaître que c’est confortable.

Et que pensez-vous de la suppression de la réserve parlementaire ?
Je ne suis pas favorable à ce type de procédé qui a donné lieu à de nombreuses dérives, en favorisant le copinage politique. Je préfère être là pour aider les acteurs ou associations à monter un dossier pour obtenir des fonds ou des subventions.

« Je ne peux plus parler aussi librement »

Comment réagissez-vous aux commentaires nourris à l’encontre de votre majorité à l’assemblée, qualifiée « d’élus amateurs » et parfois même de « députés versatiles », vous-mêmes n’ayant pas hésité à juger votre chef de groupe, Richard Ferrand comme « défaillant » ?
Je tiens à préciser que je ne l’ai traité de défaillant pour une journée seulement sur la question de la désignation des questeurs. Mais c’est une défaillance que nous payons cher et qui a permis à nos détracteurs de nous traiter d’amateurs. Et j’en ai assez !

Vous avez été au cœur d’une polémique nationale suite à vos propos tenus sur l’augmentation de l’allocation pour le logement. Pour mémoire, vous estimiez que « Si à 19 ans, 20 ans, 24 ans vous commencez à pleurer parce qu’on vous enlève 5 euros, qu’est-ce que vous allez faire de votre vie ? » Qu’avez-vous pensé de la réaction que vous avez suscité ? Continuerez-vous à rester fidèle à cette image de « grande gueule » ?
Je ne parlais pas de toute la population, on m’a posé la question sur les jeunes étudiants. Et je persiste à croire que ma fille ne serait jamais venue pleurer pour cinq euros par mois ! Pour ce qui est du ton, je vous assure que je me retiens ! Mais je n’ai pas besoin que l’on parle de moi dans les médias ni d’avoir un attaché de presse comme certains députés le font pour passer à l’antenne. Je voudrais bien savoir comment ils justifient les 2 000 ou 3 000 € qu’ils dépensent dans leurs frais uniquement pour pouvoir s’entendre à la radio.

Au sujet de ce ton « grande gueule », qui vous colle à la peau, vous continuez à intervenir régulièrement dans l’émission radio de RMC à laquelle vous participiez avant votre élection. Peut-on toujours dire les mêmes choses à l’antenne une fois élue de la République ?
Je ne peux pas m’exprimer aussi librement, non. Ou en tout cas, en mesurant ce que je dis. C’est pour cette raison que dans les Grandes gueules je ne viens pas pendant trois heures débattre, je préfère être invité sur un sujet bien précis. J’estime qu’en tant que parlementaire, nous avons quand même un droit de réserve.

Comment vivez-vous l’ouverture politique propre à votre camp, lorsque par exemple vous vous retrouvez à côtoyer sur la circonscription un Sébastien Lecornu, anciennement cadre Les Républicains, devenu membre du gouvernement de votre « écurie » ?
Ce n’est pas Monsieur Lecornu qui me dérange, c’est sa suppléante. Sens commun ça ne passera jamais, ce n’est pas anodin. J’ai été choquée par l’amitié qu’elle a avec beaucoup d’élus locaux, je ne peux pas me sentir bien avec ce genre d’idées. Est-ce que l’on ferait la même chose avec le Front national, non ! C’est la limite de l’ouverture pour moi. Or là, il n’y a aucune distance.
« Nous devons développer la nationale 14 »

Quels sont les dossiers chauds que vous avez entre les mains pour la 5e circonscription de l’Eure ?
C’est avant tout le développement économique tournant autour de la nationale N14 qui relie Paris à Rouen. J’espère faire partie de la commission Paris 24 pour les Jeux olympiques, car nous sommes l’un des départements en France exclus du dispositif. Nous devons développer la nationale 14 avec des fonds issus de la commission Paris 24. Des entreprises viendront alors s’installer et il y aura moins de chômage. J’en veux aux présidents de la Région et du Département. Le département et la région n’ont rien fait ! J’avais pourtant pris rendez-vous avec M. Lecornu et M. Rassaêrt au mois de février pour fédérer les commerçants, j’attends encore la réponse. Voilà pourquoi j’étais aussi face à lui aux élections législatives. Il faut que les départements qui n’ont pas de retombées aient au moins des contreparties.

D’autres dossiers vous tiennent à cœur ?
La désertification du commerce de proximité et plus généralement l’absence d’emploi me préoccupent. Rien n’est envisagé pour développer autour de l’axe routier N14 l’implantation d’usines ou de sociétés. Cela tombe pourtant sous le sens. L’un des autres plus grands handicaps est la faiblesse du réseau SNCF. En cinq ans, le nombre d’usagers en gare de Gisors a fondu et en semaine, la fréquentation est digne d’un dimanche matin !
Nous tenons aussi nos engagements en ouvrant une permanence à Étrépagny qui sera prête après travaux, à partir du samedi 30 septembre.

Que faire alors pour redynamiser les commerces et l’emploi ?
Je me suis toujours battue pour limiter le développement des centres commerciaux dans les terminaux parisiens, à l’instar de la gare Saint-Lazare. Automatiquement, un an après l’ouverture d’un tel centre, on ressent une perte de chiffre d’affaires dans le commerce de proximité. Les personnes qui travaillent à Paris consomment sur place. Et si tous les mois, trente à cinquante clients font exactement la même chose, le magasin de proximité finit par fermer.
Il faut faire attention aussi au développement un peu partout autour des villes moyennes de zones commerciales. Une fois que le chaland est déplacé hors du centre-ville, difficile de le faire revenir.
Dans le même esprit à Gisors, c’est très bien de faire un marché le dimanche. Mais pourquoi l’avoir réduit aux produits de bouche alors que 800 mètres plus loin, aux portes de la ville, on ouvre un grand espace de vente qui propose des produits similaires ? Pour voir les centres-villes revivre à l’avenir, il en va de la responsabilité des maires.

« Nous devons développer la nationale 14 »

Comment vivez-vous louverture politique propre à votre camp, lorsque par exemple vous vous retrouvez à côtoyer sur la circonscription un Sébastien Lecornu, anciennement cadre Les Républicains, devenu membre du gouvernement de votre « écurie » ?

Ce n’est pas Monsieur Lecornu qui me dérange, c’est sa suppléante. Sens commun ça ne passera jamais, ce n’est pas anodin. J’ai été choquée par l’amitié qu’elle a avec beaucoup d’élus locaux, je ne peux pas me sentir bien avec ce genre d’idées. Est-ce que l’on ferait la même chose avec le Front national, non ! C’est la limite de l’ouverture pour moi. Or là, il n’y a aucune distance.

Quels sont les dossiers chauds que vous avez entre les mains pour la 5e circonscription de lEure ?

C’est avant tout le développement économique tournant autour de la nationale N14 qui relie Paris à Rouen. J’espère faire partie de la commission Paris 24 pour les Jeux olympiques, car nous sommes l’un des départements en France exclus du dispositif. Nous devons développer la nationale 14 avec des fonds issus de la commission Paris 24. Des entreprises viendront alors s’installer et il y aura moins de chômage. J’en veux aux présidents de la Région et du Département. Le département et la région n’ont rien fait ! J’avais pourtant pris rendez-vous avec M. Lecornu et M. Rasaërt au mois de février pour fédérer les commerçants, j’attends encore la réponse. Voilà pourquoi j’étais aussi face à lui aux élections législatives. Il faut que les départements qui n’ont pas de retombées aient au moins des contreparties.

 D’autres dossiers vous tiennent à cœur ?

La désertification du commerce de proximité et plus généralement l’absence d’emploi me préoccupent. Rien n’est envisagé pour développer autour de l’axe routier N14 l’implantation d’usines ou de sociétés. Cela tombe pourtant sous le sens. L’un des autres plus grands handicaps est la faiblesse du réseau SNCF. En cinq ans, le nombre d’usagers en gare de Gisors a fondu et en semaine, la fréquentation est digne d’un dimanche matin !

Nous tenons aussi nos engagements en ouvrant une permanence à Étrépagny qui sera prête après travaux, à partir du samedi 30 septembre.

 Que faire alors pour redynamiser les commerces et l’emploi ?

Je me suis toujours battue pour limiter le développement des centres commerciaux dans les terminaux parisiens, à l’instar de la gare Saint-Lazare. Automatiquement, un an après l’ouverture d’un tel centre, on ressent une perte de chiffre d’affaires dans le commerce de proximité. Les personnes qui travaillent à Paris consomment sur place. Et si tous les mois, trente à cinquante clients font exactement la même chose, le magasin de proximité finit par fermer.

Il faut faire attention aussi au développement un peu partout autour des villes moyennes de zones commerciales. Une fois que le chaland est déplacé hors du centre-ville, difficile de le faire revenir.

Dans le même esprit à Gisors, c’est très bien de faire un marché le dimanche. Mais pourquoi l’avoir réduit aux produits de bouche alors que 800 mètres plus loin, aux portes de la ville, on ouvre un grand espace de vente qui propose des produits similaires ? Pour voir les centres-villes revivre à l’avenir, il en va de la responsabilité des maires.

Source l’Impartial